L’un de nous est de trop dans cette ville !

Chats bottés

Coucou, c’est moi.

Qui?

Le chat botté.

Pas possible ?

Mais si !

N’ai-je pas fière allure,

avec ma cape, mon chapeau et son plumet ?

Et sur mon cornet, me voilà brodé

quand j’attrape ce stupide ogre,

qui a commis la bêtise de m’écouter

et se transformer en souris.

 

Mais que vois-je ?

Quel est cet imposteur ?

Diantre, messire, ne m’insultez pas ou je vous découpe avec ma dague.

D’ailleurs mon cornet montre bien qui je suis :

du moulin

au château,

tel est mon destin !

L’un de nous deux est de trop dans cette campagne !

 

Suffit, les minets, chacun de vous trouvera bien une maison accueillante pour y raconter son histoire, loin de son concurrent.

Nous traiter de minets, nous des gentilshommes, quelle insulte !

 

La Princesse au petit Pois

Voici une nouvelle princesse au petit pois

dans son lit-boite-cornet

Avec tous les matelas qui apparaissent quand on monte le bâton,

   

et son texte sous une nouvelle présentation.

 

La princesse tente de se hisser au sommet de ses vingt matelas et vingt édredons

Ouf, ça y est !

Et le petit pois est aussi prévu.

Au secours, je tombe !

La Baba Yaga est de retour

Voici un autre tableau magnétique avec ses marionnettes à doigt.

J’en ai amélioré la conception. Il permet toujours de mettre en scène les histoires de Baba Yaga, un classique des contes russes et ukrainiens.

Vous connaissez bien maintenant la Baba Yaga jambe d’os, qui vit dans une isba sur pieds de poule, se déplace comme l’éclair dans son baquet, avec le pilon pour avancer et le balai pour effacer ses traces !

Dans cette présentation, j’illustre avec ce tableau le conte Baba Yaga II tiré des Contes Populaires Russes, tome 1, collectés par Afanassiev vers 1850 et publiés en français chez Imago. Pratiquement tous les contes russes que vous pouvez trouver sous une forme ou une autre sont des adaptations de ce monumental ouvrage en 3 tomes dans l’édition française que je recommande. Son édition des contes des frères Grimm est aussi remarquable.

  1. LA BABA YAGA (II)

Il était une fois un vieux et une vieille qui avaient une fille. Devenu veuf, le vieux se remaria. La méchante marâtre prit la fillette en haine, ne cessant de la battre et ne rêvant qu’à s’en débarrasser. Un jour que le père était absent, elle dit à sa belle-fille : «Va chez ma sœur, ta tante, et demande-lui une aiguille et du fil pour te coudre une chemise !»

Or, cette tante n’était autre que la Baba Yaga en personne.

La fillette, qui n’était point sotte, courut d’abord chez sa tante à elle (c’est-à-dire la sœur de sa mère) :

« Bonjour, tata ! – Bonjour, ma chérie ! Que se passe-t-il ? – Mère m’envoie chez sa sœur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise ! » Alors, sa tante la mit en garde : «Là-bas, ma nièce, quand le bouleau essaiera de te cingler les yeux, attache-le avec un ruban. Là-bas, quand les battants du portail grinceront et s’efforceront de te frapper, verse de l’huile sur le seuil. Là-bas, quand les chiens se jetteront vers toi pour te mettre en pièces, lance-leur du pain. Là-bas, quand le chat voudra te sauter à la figure pour t’arracher les yeux, donne-lui du jambon ! »

La fillette se mit en route et ne tarda pas à arriver.

Tout à coup, devant elle, apparut une chaumine, dedans était assise la Baba-Yaga-jambe d’os, occupée à tisser :

« Bonjour, tante ! – Bonjour, ma chère ! – Mère m’envoie te demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise ! – Fort bien. Assieds-toi et tisse en m’attendant. »

Tandis que la fillette s’installait au métier, la Baba Yaga sortit et dit à sa servante :

« Va faire chauffer l’étuve pour laver ma nièce. Surtout frotte-la bien, car je veux en faire mon déjeuner ! »

La fillette avait tout entendu et elle restait là, plus morte que vive. Quand la servante vint la chercher, la pauvre petite lui fit cadeau d’un foulard et la pria ainsi : « Quand tu feras brûler les bûches, ma bonne, arrose-les sans compter, ne plains surtout pas l’eau que tu verseras dessus ! »

Et la Baba Yaga se mit à attendre. Elle s’approcha de la fenêtre et questionna :

« Tu tisses toujours, ma nièce? – Mais oui, mais oui, tante, je tisse ! » Quand la Baba Yaga se fut éloignée, la fillette en profita pour donner au chat du jambon et pour lui demander :

« Dis-moi comment faire pour m’en aller? – Tiens, voici un peigne et une serviette, répondit le chat. Prends-les et fuis, car la Baba Yaga va te pourchasser. Toujours courant, tu colleras de temps à autre l’oreille contre terre pour savoir où elle est. Dès que tu l’en­tendras venir, tu jetteras la serviette derrière toi. Alors une rivière immense se mettra à couler. Si jamais la Baba Yaga parvient à la traverser et te talonne de nouveau, colle derechef l’oreille contre terre et, quand elle sera tout près, jette le peigne : il se dressera alors une forêt infranchissable qu’elle ne pourra traverser ! »

La fillette s’en alla en emportant peigne et serviette. Quand les chiens voulurent se précipiter sur elle, elle leur jeta du pain et ils la laissèrent passer; quand les battants du portail voulurent se refermer en claquant, elle versa de l’huile sur le seuil et ils la laissèrent passer ;

quand le bouleau voulut lui cingler les yeux, elle lui attacha les branches avec un ruban et il la laissa passer.

Le chat, lui, besognait, assis devant le métier à tisser, emmêlant à vrai dire plus de fils qu’il n’en démêlait. La Baba Yaga s’approcha de la fenêtre et questionna :

« Tu tisses toujours, ma nièce? – Mais oui, mais oui, tante, je tisse ! », ronronna le chat.

La Baba Yaga bondit à l’intérieur et, s’avisant du tour qu’on lui avait joué, elle se mit à battre et à tancer le chat pour n’avoir pas arra­ché les yeux à la visiteuse :

« Depuis le temps que je te sers, répondit le chat, jamais tu ne m’as abandonné le plus petit os et, elle, elle m’a donné du jambon ! » La Baba Yaga se jeta vers les chiens, vers le portail, vers le bouleau pour les rudoyer et les malmener tour à tour. Les chiens de dire :

« Depuis le temps que nous te servons, jamais tu ne nous as jeté la moindre croûte, même brûlée et, elle, elle nous a donné du pain ! » Le portail de continuer : « Depuis le temps que je te sers, jamais tu n’as versé la moindre goutte d’eau sur mon seuil et, elle, elle y a versé de l’huile ! » Le bouleau d’ajouter : « Depuis le temps que je te sers, jamais tu n’as attaché mes branches avec le moindre fil et, elle, elle les a attachées avec du ruban ! » Et la servante de renchérir : « Depuis le temps que je te sers, jamais tu ne m’as donné le moindre chiffon et, elle, elle m’a fait cadeau d’un foulard ! »

La Baba-Yaga-jambe d’os monta au plus vite dans son mortier et, chassant de son pilon, effaçant les traces de son balai, elle se mit à filer à la poursuite de la fillette. Celle-ci colla son oreille contre terre et, entendant la poursuite, elle se saisit de la serviette, la jeta derrière elle : aussitôt, une rivière immense se mit à couler. La Baba Yaga en grinça des dents de fureur.

Elle partit chercher ses taureaux et ils burent toute l’eau. Voilà la Baba Yaga qui fonce à nouveau. La fillette colle l’oreille contre terre et entend la course. Alors, elle jette son peigne, et une forêt sombre et terrifiante se dresse.

La Baba Yaga voulut la ronger mais ses efforts furent vains, elle ne put en venir à bout et rebroussa chemin.

De retour au logis, le vieux s’inquiéta :

« Où est ma fille ? – Elle est allée chez sa tante », répondit la marâtre.

Au bout de peu temps, la fillette arriva en courant. « Où étais-tu ? demanda le père. – Ah, père, si tu savais ! dit-elle.

– Mère m’a envoyée chez ma tante lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise mais, ma tante, c’est la Baba Yaga et elle a voulu me dévorer !

– Et comment t’es-tu échappée ? »

La fillette raconta. Quand le vieux sut tout ce qui s’était passé, il se mit en colère contre sa femme et la fusilla. Et il se mit à vivre avec sa fillette en amassant du bien. J’y étais, de l’hydromel et de la bière j’ai voulu goûter, sur mes moustaches ils ont coulé, dans ma bouche rien n’est tombé.

et l’histoire est finie !

 

Et voici le tableau complet avec personnages et accessoires :

L’était une p’tite poule grise

L’était une p’tite poule grise

Qu’allait pondre dans l’église

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule beige

Qu’allait pondre dans la neige

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule rousse

Qu’allait pondre dans la mousse

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule brune

Qu’allait pondre dans la Lune

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule blanche

Qu’allait pondre dans la grange

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

L’était une p’tite poule jaune

Qu’allait pondre sur le trône

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule verte

Qu’allait pondre chez tant’Berthe

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud

 

L’était une p’tite poule noire

Qu’allait pondre dans l’armoire

Pondait un p’tit coco

Que l’enfant mangeait tout chaud.

 

Et voilà, la chanson est finie !

 

Chaque petite scène peut être attachée aux autres par un bouton et une bride pour faire un livre de comptines ou un tapis à histoires